strokestrokestrokestroke
 
LA DÉCLARATION INTERINSIGNIORES analyse et prospectilves À PARTIR DE LA PENSÉE DE HANS URS VON BALTHASAR/MARGO GRAVEL-PROVENCHER
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


                                                       Pentecôte 1979

                                                                     Au centre de l’Alliance trinitaire, la Croix du Ressuscité
                                                  Présence au coeur de tout être humain

Quand je serai élevé de terre,  j’attirerai tout  à moi   (Jn 12, 32)

conception graphique: Margo  Gravel-Provencher
(Poster du Congrès charismatique de Montréal tenu les 01-02-03/06/1979)



AVANT-PROPOS

La question posée dans cette étude m’interpelle depuis l’enfance. Selon mes souvenirs, j’avais à peine 10 ans lorsque la question de la femme et du ministère sacerdotal s’imposa.  Provenant d’une famille enracinée dans la foi chrétienne, la dévotion mariale était profonde, engagée et ouverte.  Suite à une promesse effectuée lors de la maladie de mon père, mes parents érigeaient sur le terrain familial une statue à la Vierge Immaculée (Sainte-Rose, LAVAL).   Ouverte très jeune aux diverses cultures religieuses, je côtoyai des amis juifs ou issus de cultures chrétiennes différentes de la nôtre.  Plus tard,  je participais à un groupe de prières et j’y vécu alors des moments forts d’interpellation à caractère biblique et doctrinal dans la solitude de mon foyer (Dorval). Ces moments forts, je les confiais au responsable du groupe de prières, M. Roland Ouellet (1978). Dès maintenant, j’ajoute que mes recherches et le dévoilement (apokalyptein) d’une partie de mon expérience de foi sont publiés sur les conseils reçus en 2009 (évêques et théologiens)  Afin de saisir ce cheminement particulier qui m’a conduite vers des études théologiques, je partagerai cet avant-propos en huit points particuliers: invitation à participer à la vie de l’Église, 1987-1988 une année marquante, participation au synode montréalais, de nouveaux charismes spirituels, l’en même-temps entre la mystique et la théologie, en fidélité à l’Église, ma recherche un choix judicieux, une recherche en constante évolution.

1) invitation à participer à la vie de l’Église. Une année s’était écoulée depuis ces moments forts vécus lorsqu’on m’invita à participer activement à la vie paroissiale.  À la demande du curé (père Mario Poulin, s.m.m.), je m’impliquai administrativement comme secrétaire-trésorière (officière de la Fabrique) et pastoralement (C.P.P., Pastorale du Baptême, Pastorale des Jeunes, Chapelet médité/24-09-1978/24-12-1984). À cet effet, je repris toutefois le chemin des études qui m’ont conduite vers un baccalauréat, une maîtrise en théologie, des études subséquentes doctorales en spiritualité sanjuaniste (saint Jean-de-la-Croix/Un. St-Paul, Ottawa), un séminaire doctorale de recherches sur la pensée siegwaltienne (Un. de Sherbrooke/1998-2007), la rédaction de ma thèse doctorale.Constamment, j’alternais entre études et engagements: professeure à la formation des catéchètes paroissiaux au collège Marie-Victorin, membre de comités régionaux et diocésains (initiation chrétienne), animatrice de pastorale scolaire auprès de plus de 1,500 élèves du secondaire. J’oeuvrais dans une école de plus de 3,000 élèves qui, toutes et tous, fréquentaient notre salon de pastorale en groupe de 39 élèves (École secondaire Vaudreuil, Cité des Jeunes). 

2) 1988, une année marquante. À cet effet, c’est avec joie que j’acceptais de lire l’évangile lors de la messe des finissants et des finissantes de la Faculté de théologie de l’Université de Montréal (premier cycle). En l’Année mariale, j’aurai alors le privilège d’animer un pèlerinage à Rome en l’Année mariale. C’est avec joie que je lisais l’évangile et prononçais ma première homélie dans une petite chapelle de Saint-Paul-Hors-les-Murs, lieu de lancement du Concile Vatican II. Je participais à l’équipe d’animation du pèlerinage organisé par  la paroisse Notre-Dame du Sacré-Coeur.  100 personnes y participaient.  

3) participation au Synode montréalais  En 1996, lors des audiences télédiffusées du Synode de Montréal, je présentais un mémoire sur la question de l’admission des femmes au sacerdoce ministériel (Région-Ouest).  Ce mémoire synodal se voulait un écho à mon Mémoire de maîtrise en « spiritualité sacerdotale » intitulé: La spiritualité sacerdotale mariale d’après le dernier des grands bérulliens, Louis Marie-Griginion de Montfort (28-08-1989).    Le Mémoire déposé en août 1989 fut accepté par la Faculté des études supérieures de l’Université de Montréal (théologie) en juin 1990.  Il devenait possible de saisir l’intentionnalité réformatrice exprimée par saint Louis Marie Grignion de Montfort au 17e siècle français: « des ministres du Seigneur » (VD 55/59); « de l’un et de l’autre sexe » (VD 113-114). Cependant la réforme conciliaire faisait un pas de plus. Désormais le désir d’égalité entre les hommes et les femmes s’exprimaient mondialement (Gaudium et Spes, no 20).   Spirituellement, tel qu’énoncé dans mon mémoire de maîtrise, la réforme liturgique conciliaire atteste la mission du couple de l’Alliance, Marie et Joseph’ dans la liturgie eucharistique romaine (L.G. chap. 8; voir Redemptoris Mater 1987; L.G. 50. 60 et ss.; voir Redemptoris Custos 1989).).  Jusqu’alors, la spiritualité sacerdotale les situait dans leur unicité propre (Marie, l’Église et le sacerdoce/René Laurentin, s.j.).  À cet effet,  Vatican II suscite l’intérêt par une revalorisation des charismes fondateurs (GC-MPH 142-150). Au sein de l’histoire de l’Église, ces charismes n’ont-ils pas apporté un souffle neuf et réformateur ?  (cf. HUVB/GC-MPH 142-150)

4) de nouveaux charismes spirituels .  Depuis ce temps, de nouveaux charismes spirituels féminins viennent interpeller la vie actuelle de notre Église tout comme  ils l’interpellaient dès les premiers siècles de l’Église (8). Pour nous femmes en Église situées dans un contexte autre,  la « tradition mariale latente », toujours « vivante », fait apparaître l’évidence objective du renouveau ministériel féminin portée par les femmes en notre temps, suite l’Appel de Dieu reçu dans la prière, l’engagement pastoral en divers lieux et la formation théologique reçue comme théologiennes laïques mariées (baccalauréat, maîtrise, doctorat). Avec la méthodologie balthasarienne, il semble désormais possible d’accueillir le renouveau spirituel proposé dans les commentaires bibliques de Madame Adrienne von Speyr, co-auteure de l’Oeuvre commune attesté par le théologie balthasarienne (+ 40 volumes/1948-1967).  Dès lors apparaît la question ministérielle (S.S.Paul VI/1968).  Telle est l’originalité de la pensée explicitée dans mon volume!  À cet égard, si la question posée concerne cet appel spécifique de la vie de l’Église, celle-ci  devient aussi lieu d’intégration de l’expérience personnelle vécue (voir:  annexes 1-2), en même temps, elle devient lieu d’approfondissement des fondements du ministère sacerdotal ou presbytéral et par le fait même de la théologie féminine contemporaine.  En ce lieu, il semblerait possible d’unifier mystique et théologie, par la reconnaissance de l’être femme, Marie, au sein de la collégialité apostolique, au Cénacle de la Pentecôte.

5) l’en même-temps entre la mystique et la théologie. C’est ainsi que providentiellement,  je serai guidée par cet « en même temps » entre les événements vécus au sein de ma vie personnelle, maritale, familiale et les moments charnières de la vie de notre Église, bien que plusieurs d’entre eux précèdent ma quête théologique: les baptêmes de mes fils aux jours anniversaires:  Annonciation du Seigneur à Marie (25-03-1962) et la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple au jour de l’homologation de la Constitution Lumen Gentium (21-11-1964). Je découvrirai ces moments de grâces lors de mes études théologiques. Le 19 janvier 1991, dimanche consacré à l’oecuménisme, 33 ans après l’intuition conciliaire du pape Jean XXIII (Yves Congar), je fus autorisée par l’évêque du lieu à ‘lire’ et ‘commenter’ l’évangile du jour (Mt 20, 18 ss.) lors du baptême de mon petit-fils Alex, né au jour de l’année centenaire du diocèse (22-11-1991)   À la naissance de mon second petit-fils, né en la fête de sainte Marie-Madeleine (22-07-1994), Monseigneur Robert Lebel, évêque du diocèse de Valleyfield acceptait alors la requête de mon fils et de son épouse.  Je devins ‘ministre extraordinaire’ du baptême de leur fils Martin (13 novembre 1994/ Décret sur saint Joseph/Vatican II/ 13-11-1962).  Ces moments forts et l’encouragement constant de mon mari Pierre et de mes enfants furent mon soutien pendant ce temps de formation et d’intégration de l’expérience personnelle biblique et doctrinale,  vécue en deux temps distincts au temps d’Inter Insigniores: la Pentecôte 1976; ler novembre 1977/23 mars 1978.  Il est pour moi réconfortant de percevoir la proximité du Seigneur dans les événements familiaux et ecclésiaux.  À tel point que je peux prononcer ces paroles fondamentalement bibliques: « Aucun des miens ne fut oublié ».  La naissance de mon dernier petit-fils porte aussi ce questionnement.  Né le 07-09-2010, je découvrirai ces liens lors de la signature du Livre d’Or de notre Cité.   L’une des propriétaires du « domaine de la présentation » fut une femme , « oubliée » dans nos armoiries, Mlle Agathe De St-Perre. Celle-ci signait l’Acte d’échanges avec les Messieurs de Saint-Sulpice, le 07-09-1685. Religieusement, nous avions fêté cet anniversaire mon mari et moi, au lieu de notre mariage au jour de la Pentecôte 1961 (Sainte-Rose-de-Lima, LAVAL/12-06-2011). 

6) en fidélité à l’Église  Par fidélité envers l’Église qui est mienne et suite à la demande du curé de ma paroisse en 1995 (père Hector Bibeau, s.s.s.), j’informais les autorités ecclésiales de ces moments forts. « Vous vivez profondément le mystère de l’Église », écrira Monseigneur Carlos Curis, Nonce Apostolique du Canada (24-12-1998/annexe 1).  Le 23 octobre 2000, Monseigneur Paolo Romeo encourageait l’orientation mariale de mes recherches théologiques doctorales balthasariennes: « Hans Urs von Balthasar est un auteur autorisé ».  Je reçus l’intérêt particulier de la CECC.  On m’invitait ardemment à témoigner de mon expérience spirituelle.  De là découle l’importance accordée à la recherche théologique comme prémisses au dévoilement. 

7) ma recherche, un choix judicieux.  En quête de compréhension des positions émises par ma ‘tradition chrétienne’, plus spécifiquement à l’égard de la question posée par Inter Insigniores, mes recherches au deuxième cycle me dirigèrent ver l’auteur choisi au troisième cycle.  L’analyse balthasarienne de la Déclaration concerne les questions de « la tradition ininterrompue et de l’admission des femmes au sacerdoce ministériel » (OR.29-03-1977). Attentive à ce Dieu qui se montre, se donne et se dit toujours au sein de notre contemporanéité, la nouveauté émise vient justifier l’originalité de mes recherches antérieures.  Cependant, la méthodologie de l’esthétique théologique proposée dans la trilogie balthasarienne ouvre des horizons insoupçonnées  Elle devient lieu de compréhension et de réception de la nouveauté recherchée.  À cet effet, celui-ci intègre en même temps l’expérience spirituelle et l’herméneutique biblique proposée par Madame Adrienne von Speyr, médecin, mystique et co-auteure de son oeuvre ( cf. Les personnes dans le Christ et Dénouement de la Dramatique divine/3e et 5e volumes).  Le 23 juin 1984, Hans Urs von Balthasar recevait le Prix scientifique Paul VI pour sa compréhension des théologiens et théologiennes et des mystiques. Dès lors, tous les jalons semblent posés envers la création de nouveaux ministères féminins, ministères ordonnés (presbytérat, diaconat et autres...). À ce sujet, voir l’intervention du Cardinal à George B . Flahiff, 1971/CECC, 2000, p. 38 ss.).  De là découle l’attention portée envers les personnes qui demandaient la publication de cette thèse doctorale, car celle-ci constitue, je le soutiens, un apport scientifique ‘positif’ envers la question posée par Inter Insigniores. D’abord proposée sus le titre suivant:  La mission ‘personnelle’ de Marie et les missions féminines selon la méthodologie de l’esthétique théologique et sa valeur d’intégration, valeur démontrée au 5e volume de la Dramatique divine, par l’intégration des citations de plus de 40 volumes de Madame Von Speyr.  Les citations constituent les 2/3 du dernier volume, intitulé Dénouement.   Cet apport scientifique à la question posée par Inter Insigniores.  Elle vous est présentée sous la thématique suivante:  la Déclaration Inter Insigniores. Analyse et prospectives à partir de la pensée de Hans Urs von Balthasar.  En dernière instance, je la confie  à Notre-Dame de l’espérance (Xe Synode des évêques). Je vous propose également de contempler cette lecture par un dernier regard tourné vers le tableau du mur droit de la Chapelle oecuménique Redemptoris Mater. En ce lieu, Marie se tient à la ‘place du Christ’ au moment de son Ascension, ‘au milieu’ des apôtres dans une christologie ascendante, lieu de l’Alliance Nouvelle et Éternelle en Jésus, le Christ. En ce lieu, nous est révélée la présidence ministérielle apostolique de Marie.

8) recherche en constante évolution: La méthodologie de l’esthétique théologique permet de saisir l’indissociabilité entre l’évidence subjective et l’évidence objective de l’expérience de foi lorsque celle-ci favorise ime relecture des textes bibliques, véritable lieu de la recherche et de la nouveauté qui en découle!  Tel que le soutient le document de la Commission Théologique Internationale: « Du point de vue subjectif, c’est-à-dire du point de vue de celui qui fait la théologie, la vertu fondamentale du théologien consiste à rechercher l’obéissance à la foi, l’humilité de la foi qui ouvre nos yeux : cette humilité qui fait du théologien le collaborateur de la vérité ... Le document distingue trois sagesses : la sagesse philosophique naturelle et deux sagesses surnaturelles fondées sur la foi, à savoir la sagesse théologique acquise et la sagesse mystique infuse ou « science des saints » (documents: « la théologie aujourd’hui, perspectives, principes et critères »,  n° 91/www.vatican.va)». 
- - - 
N.B. Auteur autorisé, Hans Urs von Balthasar (1905-1988) portait la question posée par Inter Insigniores,  sous la thématique de la « tradition ininterrompue» (Osservatore Romano, 29-03-1977, p.2). Toutefois, un fait attira mon attention;  la genèse de son oeuvre provient essentiellement de l’expérience spirituelle et de l’oeuvre scripturaire d’une femme mariée, deux fois, Madame Adrienne von Speyr, médecin et mystique (1902-1967).  Peu à peu, à son école, l’« oeuvre commune » prend forme et justifie un véritable renouveau. À cet égard, si Madame Adrienne von Speyr vit cette proximité spirituelle, elle est aussi interpellée par le charisme fondateur de l’une de nos prédécesseures ( Mary Ward/1585-1645). « Un jour, écrit von Balthasar, Adrienne découvrait la biographie de Mary Ward qui lui “laissa une impression terrifiante: l’échec d’une grande mission par suite de l’indifférence des instances compétentes” (L’Institut St-Jean, p. 41).  Au dernier volume de sa Théologique, von Balthasar revient vers ce lieu: « Un “esprit” charismatique peut également s’avérer authentique, même s’il formule une certaine critique à l’endroit de situations dans l’Église ou s’il a la charge d’introduire dans l’Église une nouveauté conforme au temps, nouveauté dont l’évidence ne s’impose pas d’emblée au ministère et qui est peut-être en avance sur son temps (cf. la tragédie de Mary Ward). » (Esprit de Vérité 309).  Le 19 décembre 2009,  le pape Benoit XVI  reconnaît Mary Ward comme Vénérable.