LA DÉCLARATION INTERINSIGNIORES analyse et prospectives À PARTIR DE LA PENSÉE DE HANS URS VON BALTHASAR/MARGO GRAVEL-PROVENCHER
 
 
 
PRÉSENTATION
 
Afin de percevoir, découvrir, comprendre et justifier la question posée par le Magistère de l’Église lors de la publication de la Déclaration Inter Insigniores, le 15 octobre 1976, mon analyse porte en même temps la question des fondements du ministère sacerdotal et les « premiers balbutiements » énoncés dans l’analyse-critique de la déclaration par Hans Urs von Balthasar. Cette analyse fut présentée  dans l’ Osservatore Romano sous la thématique de « la tradition ininterrompue »  (28-03-1977). En ce lieu, l’analyse de la pensée balthasarienne est offerte à toute personne désireuse de comprendre les tenants et les aboutissants de la tradition.  Une question peut alors être posée. La tradition ininterrompue constitue-t-elle un blocage à la question posée par Inter Insigniores?    Toutefois, un fait demeure. Ce maître à penser est considéré par ses pairs comme l’être le plus cultivé de son temps (De LUBAC) et la nouveauté perceptible apparaît dans la méthodologie de son oeuvre majeure publiée en 17 volumes: la Gloire et la Croix (8 vol.), la Dramatique divine (5 vol.), la Théologique (3 vol.) et l’Épilogue.  Cette méthodologie de l’esthétique théologique tient compte en même temps, de l’évidence subjective (beau) et de l’évidence objective de l’expérience de foi (bon et le vrai).  Particulièrement intéressée par la teneur de l’oeuvre, je tenterai d’exprimer le plus fidèlement possible les divers aspects de cette pensée.  Cette quête des fondements concerne le ministère sacerdotal  et vous est proposée comme suit :  La Déclaration Inter Insigniores. Analyse et prospectives à partir de la pensée de Hans Urs von Balthasar. Dès lors, je souligne que ma thèse doctorale fut présentée sous la thématique suivante: la mission “personnelle” de Marie et les missions féminines sous la constellation christologique et sa valeur d’intégration (2007).  J’ai choisi la présente thématique, car elle permet de discerner davantage la véritable question posée, soit l’admission des femmes au sacerdoce ministériel.
 
En ce lieu fondamentalement théologique, il n’existe plus aucune dichotomie entre la spiritualité et la théologie. Docteur en Lettres et contemporain du concile Vatican II, Hans Urs von Balthasar exprimait un voeu.  Dans un interview à l’émission Rencontres de Radio-Canada, il exprimait son désir: « justifier théologiquement les “Exercices spirituels” de saint Ignace de Loyola.» (1981) Précédemment, lors du Synode romain sur “le sacerdoce ministériel” et la justice dans le monde” (1971),  von Balthasar rédigeait la dernière partie du “document de travail” créé par la Commission Internationale de Théologie (le Ministère sacerdotal).  Plus spécifiquement, cette partie concerne la « spiritualité du prêtre » et le «  service eschatologique du ministère sacerdotal ».  En ce lieu, un impératif biblique est énoncé.  Il concerne le verset biblique de Jn 20. 18 ss. (Marie de Magdala).
 
Dans cette quête des fondements, je retiendrai l’oeuvre de Madame Adrienne von Speyr. Madame Von Speyr est considérée par Hans Urs von Balthasar comme la co-auteure de son oeuvre (communauté et théologie).  Tout en considérant la “visée théologique” qui jaillit de sa pensée réformatrice et créatrice,  von Balthasar se fait particulièrement attentif à la “personne” qui vit l’expérience spirituelle.  Qui est-elle?  Quelle est son statut social?   Tout en l’instruisant théologiquement, von Balthasar n’exclut pas la pensée nouvelle qui émerge de son oeuvre.  Les citations de plus de 40 volumes vonsepyriens seront intégrées dans l’argumentaire de son oeuvre.  Les 2/3 du dernier volume de sa Dramatique divine proviennent de ces récits (le Dénouement 5 de 5).  C’est pourquoi, je tiens à souligner qu’en ce lieu, nous ne sommes pas en présence d’une expérience spirituelle quelconque mais bien d’une oeuvre explicitant l’ouverture demandée  dans un temps particulier de l’histoire de l’Église (oeuvre commune en 100 volumes:1947/987). L’analyse et les prospectives d’Inter Inter Insigniores à partir de la pensée de Hans Urs von Balthasar retiennent plus spécifiquement leur  perception johannique.  À cet effet,    l’ “être femme” Marie devient  source de réflexion, de méditation et d’ouverture au temps présent (Jn 19, 25-30; Apoc. 12; cf. Ga. 3, 28; cf. Gn 1, 27). La femme devient ce qu’elle est. Elle est accueillie dans sa personnalité propre. Sans dichotomie entre les transcendantaux (beau-bon-vrai),  l’expérience transformatrice d’une femme mariée deux fois ouvre nos prospectives d’avenir au sein de la vie de l’Église. La méthodologie de l’esthétique théologique interpelle l’être-là de l’Église et devient source d’un présent d’avenir pour toute personne interpellée spirituellement.
 
1983 devient alors une année charnière!  Lors du symposium romain  demandé par le pape Jean-Paul II et consacré à la Mission ecclésiale d’Adrienne von Speyr, Hans von Balthasar publie à sa demande l’expérience spirituelle qui le guide (L’Institut St-Jean 5. 9. 43). Telle l’attention portée envers « le fiat de Marie au Dieu, un et trine »  proposée dans son analyse d’Inter Insigniores, l’aperception vonspeyrienne de la ‘Mère et l’Enfant’ prend un sens fondamentalement biblique (Apoc. 12). Au coeur de la problématique,  l’approfondissement des fondements du ministère sacerdotal selon les “éléments essentiels” de la théologie classique ! (I.I. par. 4-5). Ces éléments recherchés par Inter Insigniores sont les suivants: Marie, l’Église, le rôle de l’évêque et autres...(cf. Haye van der Meer, s.j. et la question de la femme-prêtre/1962)  Dès lors, est-il fondamental de retenir la perception fondamentale de von Balthasar: « la dimension personnelle et existentielle, dit-il, n’est jamais absente en grande théologie classique » (GC-ESTH 509).  En ce lieu, il s’agit de l’actualisation de la réalité nouvellement perçue.  L’attention du maître envers le sujet récepteur établit la mission confiée.  Sous la dimension trinitaire de la foi chrétienne, l’être Jésus-de-Nazareth révèle l’intégralité et la dignité de toute personne humaine qu’elle soit homme ou femme, mariée ou célibataire (GC-NA 305; cf. Jn IV, la naissance de l’Église et la “prêtrise” de Marie chez Adrienne; « la tradition ininterrompue » et le mariage de Pierre et des pasteurs mariés des Lettres pastorales pauliniennes chez von Balthasar).